ALAT et Gamma GT sont deux enzymes qui en disent long sur l’état de votre foie. Quand elles grimpent, cela ne signifie pas forcément une maladie grave, mais c’est un signal utile pour agir tôt. Si vos alat élevés s’accompagnent de fatigue ou d’un mode de vie à risque, quelques ajustements ciblés peuvent suffire à améliorer la situation. Voici un guide clair pour comprendre, évaluer et corriger ces résultats.
💡 À retenir
- Environ 25% de la population peut avoir des niveaux élevés d’ALAT ou de Gamma GT sans symptômes
- Une alimentation riche en graisses peut influencer les niveaux
- Les tests de sang sont cruciaux pour diagnostiquer les problèmes hépatiques
Qu’est-ce que l’ALAT et la Gamma GT ?
L’ALAT signifie alanine-aminotransférase. Elle est surtout présente dans les cellules du foie et se libère dans le sang lorsque ces cellules sont irritées ou endommagées. La Gamma GT (gamma-glutamyl transférase) est une enzyme impliquée dans le métabolisme des acides aminés et de l’alcool, très sensible à une atteinte des voies biliaires et à la consommation d’alcool.
Concrètement, un taux d’ALAT reflète plutôt une souffrance des cellules hépatiques, alors qu’une Gamma GT élevée évoque souvent une stase biliaire, un effet de l’alcool ou certains médicaments. L’expression alat élevés signifie que ces valeurs dépassent la limite supérieure de la normale fixée par le laboratoire. Les chiffres de référence varient selon l’âge, le sexe et la méthode d’analyse, d’où l’importance de lire le compte-rendu de votre labo.
Ces dosages s’effectuent via une simple prise de sang et s’interprètent avec d’autres paramètres comme l’ASAT, la phosphatase alcaline et la bilirubine, ainsi qu’avec vos symptômes et vos habitudes de vie.
Causes des niveaux élevés d’ALAT et de Gamma GT
La cause la plus fréquente d’alat élevés est la stéatose hépatique, souvent liée au surpoids, à une alimentation riche en sucres et en graisses et à la sédentarité. Cette accumulation de graisse dans le foie peut évoluer vers une inflammation, puis de la fibrose si rien n’est fait. Une consommation régulière d’alcool, même modérée mais répétée, élève facilement la Gamma GT et peut aussi faire grimper l’ALAT.
D’autres causes existent : hépatites virales, effets secondaires de médicaments (paracétamol en excès, antibiotiques, antiépileptiques, statines), maladies auto-immunes, surcharge en fer, obstruction des voies biliaires, pancréatite, hypothyroïdie, maladie cœliaque. Un effort musculaire intense peut faire varier légèrement l’ALAT. Les alat élevés surviennent parfois sans signe clinique, ce qui justifie une évaluation méthodique plutôt qu’une inquiétude immédiate.
Facteurs de risque
Certains profils exposent davantage à des anomalies hépatiques persistantes :
- Surpoids abdominal, prédiabète ou diabète, cholestérol et triglycérides élevés
- Alimentation riche en graisses saturées et en sucres ajoutés, boissons sucrées
- Consommation d’alcool régulière, même à petites doses cumulées
- Prise prolongée de médicaments potentiellement hépatotoxiques sans suivi
- Antécédents familiaux de maladie du foie ou surcharge en fer
Conséquences sur la santé

Un taux anormal d’ALAT ou de Gamma GT n’est pas un diagnostic, mais un indicateur d’alerte. À court terme, il peut n’y avoir aucun symptôme. À long terme, des alat élevés persistants peuvent signaler une inflammation chronique du foie et faire craindre une fibrose, voire une cirrhose si les facteurs causaux perdurent.
La Gamma GT élevée s’associe aussi à un risque cardio-métabolique accru. Cela reflète souvent le terrain global : insulino-résistance, accumulation de graisse viscérale, hypertension. Agir tôt sur l’hygiène de vie améliore non seulement le foie, mais aussi le profil cardiovasculaire.
Symptômes associés
Beaucoup de personnes n’ont aucun signe. Quand ils existent, ils restent souvent discrets :
- Fatigue inhabituelle, baisse d’énergie, sensation de lourdeur abdominale
- Douleur ou gêne sous les côtes droites
- Nausées, appétit capricieux, ballonnements
- Dans les cas plus marqués : peau et yeux jaunes, urines foncées, démangeaisons diffuses
Solutions pour abaisser les niveaux
La bonne nouvelle : dans de nombreux cas, corriger ses habitudes suffit à normaliser les enzymes. Pour faire baisser des alat élevés, la stratégie la plus efficace combine alimentation anti-inflammatoire, activité physique régulière, sommeil de qualité et réduction des toxiques.
Côté alimentation, visez des repas simples, riches en fibres et en bonnes graisses. Privilégiez légumes, légumineuses, poissons gras, huile d’olive, fruits à coque, céréales complètes. Limitez charcuteries, fritures, viennoiseries, fromages très gras, sauces riches, desserts sucrés et boissons sucrées. Un schéma inspiré du régime méditerranéen aide souvent à faire reculer la stéatose.
- Objectif perte de poids progressive : 7 à 10% du poids corporel peut réduire nettement l’ALAT
- Activité physique : au moins 150 minutes par semaine d’effort modéré, plus 2 séances de renforcement
- Alcool : pause de 4 à 8 semaines pour laisser la Gamma GT redescendre
- Boissons : eau, thé vert léger, café filtre 2 à 3 tasses par jour si bien toléré
- Sucres : réduire les boissons sucrées et les excès de fructose
Exemple de journée type : petit-déjeuner yaourt nature avec flocons d’avoine et fruits rouges; déjeuner salade de quinoa, pois chiches, légumes croquants et filet d’huile d’olive; collation poignée d’amandes; dîner filet de maquereau, brocoli vapeur, patate douce rôtie. Remplacez une pizza industrielle par une omelette aux herbes et salade complète, un soda par une eau pétillante citronnée.
Pensez aussi à votre ordonnance : ne stoppez jamais un traitement sans avis, mais discutez avec votre médecin d’éventuels médicaments hépatotoxiques et des alternatives possibles. Prudence avec les compléments “détox” non validés; certains extraits de plantes peuvent irriter le foie. Le sommeil et la gestion du stress comptent également, car ils influencent la glycémie et donc la stéatose. Des alat élevés qui répondent à ces mesures en quelques semaines sont fréquents et encourageants.
Quand consulter un médecin ?
Demandez un avis médical si les valeurs dépassent nettement la normale, si elles persistent plus de 3 à 6 mois, si vous avez des symptômes, ou si vous présentez des facteurs de risque comme diabète, surpoids ou consommation d’alcool. Consultez sans tarder en cas de jaunisse, d’urines très foncées, de fièvre, de douleur abdominale intense, de confusion ou de somnolence inhabituelle. Consultez aussi si vous êtes enceinte ou si un enfant présente des anomalies hépatiques.
Une évaluation précoce permet de confirmer l’origine et d’adapter la prise en charge. Consultez en cas d’alat élevés après un épisode d’automédication au paracétamol ou si vous prenez plusieurs traitements chroniques.
Tests et diagnostics
Le point de départ reste la prise de sang avec un bilan hépatique complet : ALAT, ASAT, Gamma GT, phosphatase alcaline et bilirubine. Selon le contexte, votre médecin peut demander une glycémie, une HbA1c, un bilan lipidique, une ferritine et le coefficient de saturation de la transferrine, des sérologies virales, des auto-anticorps, une TSH. L’échographie hépatique recherche une stéatose et évalue les voies biliaires; une élastographie type FibroScan estime la fibrose. Ces examens guident la suite pour traiter la cause et suivre l’évolution des alat élevés.