Comprendre l’augmentation des d-dimères : causes et interprétations

Par Maëlle Denis

Publié le 28/02/2026

Comprendre l'augmentation des d-dimères : causes et interprétations

Un résultat de D‑dimères élevé peut inquiéter, surtout quand on ne sait pas ce qu’il signifie. Ce marqueur reflète l’activité de la coagulation et la dégradation des caillots. Comprendre pourquoi une augmentation des d dimères survient aide à distinguer l’alerte justifiée de la fausse piste. Voici comment lire ce test, reconnaître les causes possibles et savoir quand demander un avis médical.

💡 À retenir

  • Les D-dimères sont des produits de dégradation de la fibrine, leur taux peut refléter des problèmes de coagulation.
  • Une étude récente montre que des taux élevés de D-dimères sont associés à un risque accru de thrombose.
  • Les résultats des D-dimères doivent être interprétés en fonction du contexte clinique du patient.

Qu’est-ce que les D-dimères ?

Les D-dimères sont des fragments présents dans le sang lorsqu’un caillot se forme puis se désagrège. Ils apparaissent après l’action combinée de la formation de caillots et de leur dissolution, ce qui en fait un marqueur fiable d’une coagulation activée dans l’organisme.

Ce test est largement utilisé pour écarter, dans certains contextes, une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire. Il est très sensible mais peu spécifique, ce qui signifie qu’un résultat normal aide souvent à exclure une thrombose, tandis qu’un résultat élevé nécessite une mise en perspective clinique.

Définition des D-dimères

Sur le plan biologique, les D-dimères sont des produits de dégradation de la fibrine réticulée. Lorsque le système de dissolution des caillots, la fibrinolyse, se met en marche, il découpe la fibrine et libère ces fragments détectables par des tests immunologiques.

Les laboratoires expriment ce résultat en unités équivalentes fibrine ou D-dimères. Le seuil usuel pour exclure une thrombose chez l’adulte jeune est souvent de 500 µg/L FEU selon les méthodes, avec des ajustements par l’âge dans certains protocoles. Imaginez un filet de pêche qui capture des débris après avoir retenu un banc de poissons. Les D-dimères représentent ces débris, preuve qu’un filet a été utilisé, sans dire où ni pourquoi.

Exemple concret. Une personne de 25 ans avec une douleur au mollet après un entraînement éprouvant a des D-dimères normaux. La probabilité d’un caillot est alors faible et une échographie peut être évitée si l’examen clinique est rassurant. À l’inverse, une augmentation des d dimères chez un patient alité depuis plusieurs jours nécessite davantage d’investigations, même si les symptômes sont discrets.

Les causes de l’augmentation des D-dimères

Une augmentation des d dimères signifie que l’organisme a formé et dégradé de la fibrine. Cela arrive dans des situations variées, de la grossesse aux infections sévères. Le contexte guide la suite des examens.

On distingue des circonstances physiologiques, où le taux peut être modérément augmenté sans pathologie aiguë, et des situations pathologiques, où une suspicion de caillot ou de coagulation anormale doit être explorée rapidement. Une augmentation des d dimères isolée n’est pas un diagnostic, mais un signal.

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Facteurs physiologiques

  • Âge avancé. Le taux tend à s’élever progressivement avec l’âge, rendant les seuils standards parfois trop stricts chez les plus de 50 ans.
  • Grossesse et post-partum. Activation normale de la coagulation, surtout au troisième trimestre et juste après l’accouchement.
  • Période postopératoire. Après une chirurgie, la cicatrisation s’accompagne d’une formation et d’une dégradation accrues de fibrine.
  • Exercice intense ou traumatisme récent. Micro-lésions tissulaires et réponse inflammatoire transitoire.
  • Inflammation non spécifique. Maladies inflammatoires chroniques ou poussées aiguës.

Conseil pratique. En cas de grossesse, d’intervention récente ou de plus de 70 ans, une augmentation des d dimères peut être attendue. Le médecin utilisera des critères cliniques et, si besoin, des seuils adaptés plutôt que d’interpréter le résultat de façon brute.

Pathologies associées

Plusieurs maladies s’accompagnent d’un risque thrombotique accru. Les D-dimères s’élèvent alors parfois fortement, notamment en cas de thromboembolie veineuse (TEV) qui regroupe la thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire. Ils peuvent aussi monter lors d’une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), d’un sepsis, de certains cancers actifs, d’une atteinte hépatique sévère ou d’un infarctus récent.

Cas pratique. Un patient traité pour un cancer du pancréas, avec douleur thoracique et essoufflement, présente une augmentation des d dimères très marquée. Dans ce contexte, l’exploration rapide par imagerie s’impose pour rechercher une embolie pulmonaire. À l’opposé, une élévation modérée sans symptôme chez une personne convalescente après prothèse de hanche peut simplement traduire la phase de réparation tissulaire.

Une étude récente montre que des taux élevés de D-dimères sont associés à un risque accru de thrombose. Ce lien statistique ne remplace pas l’examen clinique, mais il oriente la balance décisionnelle vers des investigations lorsqu’un doute existe.

Interprétation des résultats

Interprétation des résultats

L’interprétation correcte commence par la probabilité clinique. Si elle est faible et que les D-dimères sont normaux, le risque de TEV est très bas grâce à une valeur prédictive négative élevée. Si la probabilité est intermédiaire ou forte, un résultat élevé ne suffit pas et une imagerie est nécessaire.

Chez les plus de 50 ans, beaucoup d’équipes utilisent un seuil ajusté à l’âge pour limiter les faux positifs. Par exemple, à partir de 50 ans, un seuil approximatif peut être calculé en multipliant l’âge par 10 µg/L FEU, selon les méthodes employées au laboratoire. Cela évite de déclencher des examens inutiles chez des patients âgés asymptomatiques.

Analyse des résultats

  • Probabilité faible et D-dimères normaux. L’hypothèse de TEV est écartée sans imagerie dans la plupart des cas.
  • Probabilité faible et D-dimères élevés. On poursuit par une échographie veineuse ou un angioscanner selon les symptômes.
  • Probabilité intermédiaire ou forte, quel que soit le résultat. On privilégie l’imagerie, car un résultat normal ne suffit pas toujours.
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Exemple guidé. Femme de 68 ans avec douleur au mollet et facteur déclenchant modéré. Score clinique compatible avec une probabilité faible à intermédiaire. Les D-dimères sont à 620 µg/L FEU. Avec un seuil ajusté à l’âge, ce résultat peut rester dans la zone d’exclusion, ce qui évite parfois une imagerie immédiate. Le clinicien tranche selon l’examen et l’évolution.

Pièges fréquents. Un prélèvement trop tardif après le début des symptômes peut normaliser un taux qui était élevé au pic. Une hémolyse de l’échantillon ou des méthodes différentes entre laboratoires compliquent les comparaisons. Chez la femme enceinte, l’outil est peu performant et l’échographie compressive des membres inférieurs devient l’examen de choix en cas de suspicion.

Conseils pratiques pour les patients. Demandez si votre situation justifie le dosage, et quelle est la probabilité clinique estimée par votre soignant. Si vous avez déjà un résultat, notez le contexte exact du prélèvement, les symptômes, les médicaments pris, et tout événement récent comme un voyage prolongé ou une immobilisation. En cas d’augmentation des d dimères isolée et peu symptomatique, un contrôle ciblé peut être proposé plutôt que des examens lourds.

Quand consulter un professionnel de santé

Vous devez consulter rapidement si vous présentez des signes évocateurs de caillot, surtout si une augmentation des d dimères a été retrouvée. La combinaison symptômes plus élévation du test augmente l’intérêt d’examens complémentaires.

En l’absence de symptômes, un avis médical reste utile pour évaluer les facteurs de risque, vérifier les circonstances pouvant expliquer le résultat et décider d’une éventuelle surveillance. Une augmentation des d dimères persistante, sans cause évidente, mérite une discussion avec un médecin pour écarter une maladie sous-jacente.

Symptômes à surveiller

  • Douleur, chaleur et gonflement d’un mollet, surtout d’apparition unilatérale.
  • Essoufflement soudain, douleur thoracique à l’inspiration, palpitations.
  • Toux avec crachats sanglants ou malaise inexpliqué.
  • Maux de tête inhabituels avec troubles neurologiques associés.
  • Douleur abdominale aiguë avec distension, dans un contexte de risque thrombotique.

Si un de ces signes apparaît, surtout s’il est intense ou brutal, appelez les secours. Certaines situations relèvent de l’urgence médicale. Apportez à la consultation vos résultats de laboratoire, la liste de vos traitements dont les anticoagulants et antiplaquettaires, et précisez les événements récents comme une chirurgie, une immobilisation ou un long trajet. Cette mise en contexte aide le soignant à trancher face à une augmentation des d dimères et à choisir les examens les plus adaptés.

Maëlle Denis

Maëlle Denis, passionnée par le bien-être, partage sur son blog des conseils pratiques et des réflexions sur la santé. J'aime explorer des sujets variés pour aider chacun à mieux vivre au quotidien. Rejoignez-moi dans cette aventure vers une vie épanouie !

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